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Premier colloque de l’ACÉF-XIX - « Le XIXe siècle de Pierre Larousse: voyages dans le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle »

Congrès des sciences sociales et humaines
Vendredi 30 mai 2003
Université Dalhousie (Halifax, Nouvelle-Écosse)
Computer Science Building, Seminar Room
Responsable : Maxime Prévost

L’entreprise du Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle lancée par Pierre Larousse à l’apogée du Second Empire et dont la publication, étalée de 1866 à 1876, fera époque a connu des fortunes successives variées. Très différent de celui de Littré, son contemporain, le dictionnaire de Pierre Larousse a subi la concurrence de nombreuses autres entreprises encyclopédiques, comme lui plus ou moins orientées (l’Encyclopédie du XIXe siècle, d’inspiration catholique, en constitue un exemple), ou fondées sur des principes très différents (l’Encyclopédie de Berthelot, ultérieurement). Le travail de Larousse présentait certes de nombreux défauts (partis-pris idéologiques, style très personnel, un fouillis parfois peu méthodique, etc.) qui pouvaient limiter la valeur strictement informative de l’ouvrage pour les contemporains. Mais avec le temps, le Larousse du XIXe siècle apparaît de plus en plus comme une mine d’informations d’une richesse extravagante, non plus tant à propos des objets qu’elle inventorie qu’à propos de son temps. Aujourd’hui, aucune exploration du XIXe siècle, dans quelque domaine que ce soit, n’est complète si elle néglige une investigation toujours hasardeuse dans les méandres imprévisibles du Grand Dictionnaire universel. Les historiens s’y réfèrent depuis longtemps (Pierre Nora, Pascal Ory) et lui ont d’ailleurs consacré de riches études. Les littéraires s’y sont un peu moins intéressés, aussi longtemps qu’ils travaillaient avant tout sur de « grands » auteurs et sur des œuvres canoniques. Une curiosité nouvelle venue, entre autres, de l’histoire culturelle (et des cultural studies) et des nouvelles formes d’histoire littéraire, découvre avec enthousiasme au hasard du Larousse une information extraordinairement détaillée et souvent inattendue sur la vie quotidienne, sur les formes et les lieux de la sociabilité, sur les structures sociales et politiques, sur les acteurs parfois les plus « petits » de la vie culturelle, sur les marges longtemps négligées que sont la littérature, le théâtre et la musique populaires; sur l’art académique, sur les mœurs en général – en somme sur tout le « matériel » que l’on retrouve transformé, instrumentalisé, dans la « grande » littérature. Tout ceci sans parler de la formidable synthèse des savoirs et des discours distribuée dans les articles touchant la médecine et les sciences en général et dont l’incidence sur la dimension épistémique de la littérature de l’époque ne fait aucun doute. Il est donc temps de faire un bilan de ce que peut nous révéler le face à face de la littérature de la seconde moitié du XIXe siècle et de la banque de données discursive que constitue le Grand Dictionnaire universel.

8h30

Ouverture du colloque et accueil des participants

9h00 : Vita litteraria

Michel Pierssens (Université de Montréal)
« Biographier les contemporains : la vie littéraire du XIXe siècle vue par le GDU »

9h30-10h30 : Geographia

 Rainier Grutman (Université d’Ottawa)
« La Belgique et ses littératures vues de Paris »

Jelena Jovicic (University of Western Ontario)
« Un projet de modernité : le GDU comme hétérotopie »

10h30

Pause

11h-12h : Encyclopaedia & Gastronomia

Paul Rowe (University of Leeds)
« Tous les savoirs des gens du monde? Un précurseur du GDU »

Daniel Desormeaux (University of Kentucky)
« Alexandre Dumas, lecteur actif du GDU »

12h–14h

Déjeuner. Discussion sur l’orientation de l’ACÉF-XIX

14h-15h30 : Bonae litterae

Isabelle Daunais (Université Laval)
« Le XIXe siècle à travers les âges du roman »

Jeanne Humphries (Université de Toronto)
« La Féminisation du genre épistolaire »

Graham Falconer (Université de Toronto)
« Le GDU comme œuvre de combat : l’article ‘Béranger’ »

15h30

Pause

16h-16h30 : Historia

Yannick Portebois (Université de Toronto)
« Des Livres au livre »

Gabriel Moyal (Université McMaster)
« Lexiques de l’histoire : les historiens dans le GDU »