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Cinquième rencontre annuelle de l’Association canadienne des études francophones du XIXe siècle

1er-3 juin 2008
University of British Columbia
Salle: Irving K. Barber Learning Center 155

1er juin 2008

7h55-8h

Allocution de bienvenue: Jean-Jacques Hamm, président de l’ACÉF-XIX

1. L’émergence en littérature et médecine de sexualités nouvelles au XIXe siècle

Les dernières trente années du XIXe siècle en Europe (et plus particulièrement en France) sont caractérisées par une explosion de termes médicaux nouveaux, mis en circulation dans les discours savants – à la fois littéraires et scientifiques – et dont le but avéré est de maîtriser (en les définissant) certaines activités sexuelles qui suscitaient de l’inquiétude et des réactions violemment hostiles. Les textes littéraires et scientifiques de la période font naître de nouveaux «savoirs» qui permettent à de nouvelles subjectivités d’émerger. Émile Zola commence à travailler sur Les Rougon-Macquart en 1870, le cycle de romans qui mettra en scène plusieurs personnages «invertis». Ambroise Tardieu, professeur de «médecine légale» à la Faculté de Médecine de Paris, réimprime en 1870 son Étude médico-légale sur les attentats aux mœurs. Celui-ci est au sommet de sa carrière et un des spécialistes médicaux les plus réputés dans ce nouveau domaine que l’on appellera «la médecine légale» prenant pour objet d’étude, en étroite «complicité» avec les juristes, «la pédérastie et la sodomie». Michel Foucault a bien vu que les institutions – les discours qu’elles produisaient – entraient vigoureusement, à partir de 1870, dans une nouvelle phase très active. Dans les années 1880, avec les études médicales de Jean-Martin Charcot et d’autres médecins, commence à changer la manière d’étudier ce que l’on appelle plus couramment «l’inversion». Rachilde met en scène des personnages «androgynes». Dans les années 1890, on commence à réfléchir (on en voit les symptômes en littérature et en science) sur la possibilité d’un «troisième sexe», laissant de côté ainsi la contrainte binaire masculin/féminin et d’autres présupposés qui avaient caractérisé l’approche et la pensée des deux générations précédentes.

L’objectif de l’atelier est d’étudier les nouvelles sexualités dans de multiples perspectives : 1) questions d’archives et de corpus : comment constituer et organiser les corpus de textes qui documentent l’émergence des nouvelles sexualités ? 2) questions théoriques et interprétatives : étudier les textes médicaux et littéraires de cette période au moyen de quelles théories du sujet, du genre, de l’énonciation, etc. ? 3) questions de disciplines et de savoirs : quels sont les textes les plus intéressants qui montrent la circulation des savoirs entre «disciplines» scientifiques et littéraires ?

Responsable de l’atelier : Clive Thomson (University of Western Ontario)

8h-9h30

Président de séance : Clive Thomson

Allan Curnew (University of Western Ontario)
« Marc-André Raffalovich et le discours médico-poétique sur l’homosexualité »

Elisabeth Gerwin (University of Lethbridge)
« Balzac et l’androgynie freudienne. »

Iulian Toma (University of Western Ontario)
« L’Homosexualité à la fin du XIXe siècle. Une histoire de mots. »

9h30-10h

Pause

10h-11h30

Président de séance : Hadrien Laroche

Jelena Jovicic (University of British Columbia)
« Le Troisième sexe dans les correspondances du XIXe siècle »

Michael Finn (Ryerson University)
« L’Homosexualité entre réceptivité et pathologisation »

Clive Thomson (University of Western Ontario)
« Georges Hérelle (1848-1935): archiviste ou homme de science ? »

11h30-12h

Pause

12h-13h

Conférence d’honneur : Philippe Artières (CNRS, France)
« L’Inverti et l’écriture personnelle; regards croisés. Le Médecin et le chercheur »

13h00-14h00

Déjeuner

2. Paysages au XIXe siècle: singularités et imaginaire

Dans un essai intitulé Philosophie du paysage (1913), Georg Simmel avance la distinction suivante entre la nature et le paysage. La nature, c’est «la chaîne sans fin des choses», «l’unité d’un tout», alors que le «paysage, c’est justement sa délimitation, sa saisie dans un rayon visuel momentané ou bien durable qui le définissent essentiellement. La nature, qui dans son être et son sens profonds ignore tout de l’individualité, se trouve remaniée par le regard humain [. . .] en ces individualités qu’on baptise paysages.»

Dans le cas de l’exploration de ce processus général, le «paysage» comme catégorie intellectuelle et esthétique joue un rôle déterminant dans la littérature et la philosophie du XIXe siècle. Cet atelier est destiné à approfondir et découvrir notre compréhension des conceptions différentes du paysage qui se manifestent pendant cette période. À la fois mode d’investissement de l’imaginaire et aussi mode de sélection qui met en jeu des formes culturellement identifiables, le paysage se présente sous plusieurs aspects différents : romantique, naturaliste, symboliste.

Le paysage peut ainsi être éminemment extensible, ou bien plus restrictif. Il peut être entendu de façon contradictoire, comme il peut être accepté de façon à aider la mémoire. Il se déploie ainsi un espace qui traduit une capacité de représentations, un potentiel d’événements qui constituent les conditions de sa captation.

Responsables de l’atelier : Michael Graves et Yves Thomas (Trent University)

14h-15h30

Président de séance : Yves Thomas

Janine Gallant (Université de Moncton)
« Poétique du paysage mériméen »

Michael Graves (Trent University)
« Baudelaire’s ‘Correspondances’ and the Problem of Nature in Symbolist Poetry »

Martin Llewellyn (King’s College, London)
« Rimbaud et le paysage »

15h30-16h

Pause

16h-17h

Président de séance : Michael Graves

Sylvie Bouchard (Université du Québec à Chicoutimi)
« Bouvard et Pécuchet, legs écologique de Gustave Flaubert »

Yves Thomas (Trent University)
« A l’ombre d’un paysage urbain : songe de la plaine Monceau »

2 juin 2008

3. Varia

8h-9h30

Présidente de séance : Roxane Petit-Rasselle

Jeremy Worth (University of Windsor)
« “Elle s'était acheté une pendule; encore cette pendule’: sur quelques horloges zoliennes »

Geneviève Sicotte (Université Concordia)
« Désir et sacrifice: l’objet précieux chez quelques écrivains de la fin de siècle »

Sima Godfrey (University of British Columbia)
« “Ce père nourricier”– Revisiting Baudelaire’s Family Romance »

9h30-10h00

Pause

10h00-12h00

Président de séance : Joubert Satyre

Margot Irvine (University of Guelph)
« L’Exploitation de l’image numérique dans le cours de littérature du XIXe siècle »

Anne-Marie Bouchard (Université de Montréal).
« Glaner le texte, illustrer le trimard. L’invention de l’Art dans les Temps nouveaux et le Père peinard »

Cynthia Lees (University of Delaware)
« Rural and Urban Pathfinders in Jeanne la fileuse »

Roxane Petit-Rasselle (University of Delaware)
« “Seuls des cow boys peuvent aimer Dumas”: décalages de perceptions d’un auteur entre les sphères académique et publique »

12h00-13h00

Déjeuner

4. Poétique du poème en prose

«Il est rare, écrit Max Milner, d’assister à la naissance d’un genre littéraire. Plus rare encore de pouvoir la rattacher au nom d’un écrivain en particulier». La publication, en 1842, de Gaspard de la Nuit, fantaisies à la manière de Rembrandt et de Callot marque le début en France du poème en prose. À partir de là, bien des poètes, des écrivains du siècle s’exprimeront dans cette nouvelle forme : Baudelaire, Mallarmé, Rimbaud, Huysmans, Schwob, etc. En 1959, Suzanne Bernard a fait le point sur l’histoire et l’esthétique du Poème en prose de Baudelaire jusqu’à nos jours. On trouvera une bibliographie récente dans Le Dictionnaire du littéraire. Il arrive un moment où la distinction entre poème en prose et poème s’estompe. Il y a également un certain nombre de cas limites, dans les marges du genre : Maurice de Guérin, Lautréamont. L’Atelier essaiera de dégager des aspects concernant l’écriture et la poétique de ce genre de textes.

Responsable de l’atelier : Jean-Jacques Hamm (Queen’s University)

13h-14h30

Président de séance : Maxime Prévost

Luc Bonenfant (UQAM)
« Le Poète dans sa bibliothèque: inventions du poème en prose »

Jean-Jacques Hamm (Queen’s University)
« Espaces, suspens et tragique: le poème en prose »

Benedicte Elie (Université de Paris III Sorbonne nouvelle)
« De la prose poétique au poème en prose: histoire d’une filiation »

14h30-15h00

Pause

15h00-17h00

Président de séance : Jean-Jacques Hamm

Eric Fromet de Rosney (University of Victoria)
« Une Prose homéopathique : Mallarmé et la visée du langage à devenir beau »

Candice Nicolas (Earlham College)
« Du vers libre à la prose, Rimbaud et la liberté du vers »

Anne-Marie Fortier (Université Laval)
« Poétique du poème en prose: Léon-Paul Fargue »

Martin Perron (University of Guelph)
« Théophile Gautier: la crise des mots »

3 juin 2008

5. Presse et imaginaire, repenser les frontières

Depuis un certain temps, les études sur l’histoire de la presse se multiplient. Certes, l’importance du journal dans la civilisation francophone du XIXe siècle a toujours été reconnue, mais trop souvent la recherche considérait ce média comme un « co-texte » qui venait appuyer la lecture des textes canonisés, ou encore complétait l’étude érudite d’un auteur en particulier. Il semble désormais acquis que le journal en soi – son imaginaire, la poétique qu’il déploie, son historicité – est digne d’une analyse littéraire totale. À partir de ce constat, de multiples questions surgissent : quelle sociocritique du journal faut-il mener pour ce texte collectif, cumulatif, aux frontières floues, voué au temps présent ? Quelles valeurs sociale et esthétique l’œuvre-journal porte-t-elle ? Comment repenser les relations entre fiction et référence, entre histoire et actualité, au siècle du journal triomphant ? Replonger les grands feuilletons dans la matière foisonnante de leur environnement médiatique peut-il permettre une meilleure compréhension de ces textes ? Quelle part les quotidiens ont-ils réservée aux femmes auteurs ? Quel rôle ont-ils joué dans l’instauration de réseaux de femmes de lettres et la réception des œuvres féminines ? Quelles scénographies la figure complexe de l’écrivain-journaliste, être double, souvent déchiré, déploie-t-elle dans ses multiples représentations (journal, fiction, textes intimes, etc.) ?

Seront bienvenues les propositions de communication qui aborderont une problématique liée à cet aller-retour multiforme entre presse et imaginaire au XIXe siècle, en Europe aussi bien qu’au Canada français.
Responsables de l’atelier : Guillaume Pinson (Université Laval) et Maxime Prévost (Université d’Ottawa)

8h-8h30

Guillaume Pinson (Université Laval) et Maxime Prévost (Université d’Ottawa)
Présentation de l’atelier et réflexion préliminaire sur la presse et l’imaginaire

8h30-9h30

Président de séance : Guillaume Pinson

Marie-Ève Thérenty (Université de Montpellier III – Institut de France):
« LE reportage et LA chronique : réflexion sur le genre (gender) des genres journalistiques »

Cynthia Harvey (Université du Québec à Chicoutimi)
« Les Lettres parisiennes du vicomte de Launay : du bavardage à la promotion de l’écriture féminine »

9h30-10h

Pause

10h-11h

Présidente de séance : Margot Irvine

Catherine Nesci (Université de Californie à Santa Barbara)
« “C’est très incommode d’être feuilletoniste quand on n’est pas journaliste”: Delphine de Girardin ou le feuilleton au féminin »

Marilyn Randall (University of Western Ontario)
« “Harpies” et “héroïnes” dans la presse canadienne à l’heure des Rébellion »

11h00-11h30

Pause

11h30-12h30

Président de séance : Maxime Prévost

Sarah Mombert (École normale supérieure de Lyon)
« Alexandre Dumas: le journal, kaléidoscope du moi écrivant »

Anthony Glinoer (University of Toronto)
« Critique donné(e), critique prostitué(e). Variations sur le thème de la camaraderie »

12h30-13h30

Déjeuner

13h30-14h30

Présidente de séance : Jelena Jovicic

Valérie Narayana (Mount Allison Sackville University)
« La science pour tous ? La Vie des savants illustres de Louis Figuier »

Paul Rowe (University of Leeds)
« La correspondance du Globe Saint-Simonien (1831-1832) »

14h30-15h

Pause

15h-17h

Assemblée plénière de l’ACÉF-XIX